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1 novembre 2014 6 01 /11 /novembre /2014 18:39
Stress test  ou Crash test  des banques?

J'avais annoncé cette action de la BCE (Banque Centrale Européenne) dans un article du 22 Février de cette année (Enfin la BCE va auditer les Banques Européennes).

Cet Audit devait commencer en Mars 2014. Je faisais remarquer qu'il avait ses limites. D'une part, par le fait que le paramètre le plus inspecté le Core Tier One soit le pourcentage des fonds propres des banques, fixé à 8% de leurs encours était pour ma part bien insuffisant et d'autre part, du fait qu'elles étaient prévenues bien à l'avance, ce qui leur laissait le temps de prendre des dispositions nécessaires pour améliorer la présentation de leur bilan.

Le compte-rendu de ce contrôle a été rendu le week end dernier et la communication qui est faite, le fait apparaître somme toute, assez rassurant.

Je ne partage pas cet avis, pour au moins 3 raisons :

Déjà, on voit bien que c'est une opération de communication réfléchie puisque cela ne s' appelle plus un "Crash test" mais plus pubiquement un "Stress test", terme beaucoup plus soft.

Qui peut croîre que les dirigeants des grandes banques seraient sensibles au stress ?

Ensuite, parce que l'étude a porté sur une période de résultats allant de Novembre 2013 à Octobre 2014, période pendant laquelle la BCE a mis à disposition des banques des capitaux énormes et à des taux proches de zéro%. Ceci a pu leur permettre de renforcer des fonds propres par l'utilisation d'instruments financiers comme les titres participatifs ou suborbonnés.

Enfin, parce qu' il est évident que la situation économique est désastreuse et qu'on est au bout des moyens mis en oeuvre pour la faire repartir, et cela malheureusement sans succès.

Regardons les grandes lignes du scénario noir qui a été envisagé pour simuler ce Stress Test:

- deux années de récession, 2014, 2015 et une déflation en 2016

- un taux de chômage qui grimperait (par exemple plus de 12% en France)

- des taux d'intérêts qui tripleraient ( ils sont actuellement à un niveau bas jamais vu , entre 0.25 et 0.50%)

- un marché de l'immobilier dont les prix baisserait de 30% d'ici 2016

Pour ma part, je considère que ce scénario n'est pas une fiction mais que nous venons déjà de commencer le "tournage" de ce film noir.

C'est là que les 8% de fonds propres des banques risquent de montrer leur insuffisance et il est à parier qu'en cas de grandes difficultés, chacune des banques , chacun des pays, plutôt que d'être solidaires, la "jouera perso". La faillite d'une ou plusieures banques entrainera cette fois l'effet domino qu'on a pu éviter de justesse en 2009 après le dépôt de la Banque Lehman Brothers.

Alors faut-il se résigner à enlever ses économies des banques comme le préconisent certains adeptes de la "débancarisation" ? Mais pour le placer où ?

Certainement pas. Cela ne ferait qu'accéler le processus. La solution réside plus dans le réalisme économique et social solidaire. Chacun doit accepter de prendre à son compte dans son niveau de vie une part de la situation de la crise.Vision qu'on peut considérer comme utopique, car pour être réaliste et efficace, elle doit être orchestrée par le pouvoir politique .

Je pense que l'opinion publique, toujours titulaire de ce qu'on appelle, le "bon sens commun" est prête à faire quelques sacrifices, s'ils sont bien expliqués et justement répartis.

Quelques exemples,la Grèce et l'Espagne qui retrouvent de la croissance et attirent de nouveaux les investisseurs, et l'Italie qui ose, avec un premier ministre, qui ne soucie pas de sa popularité ( quand même excellente !) en venant de déclarer que : "le pouvoir n'est pas dans la rue". La Suéde qui, il y a quelques années ,a réduit le niveau des retraites jusqu'à rétablissement de ses comptes. Cela a duré 2 ans et ensuite le niveau a été rétabli,même avec un ratrappage.

Alors en ce qui concerne la France où en sommes-nous ? Ce rapport nous dit que nos banques sont solides. Même si le doute peux exister, c'est quand même une bonne nouvelle comparativement aux banques d'autres pays.

Alors c'est certainement la dernière opportunité d'oser le pragmatisme économique.

L'opinion publique évolue mais commne je viens de l'écrire, ce n'est qu'un des paramètres. Nos politiques de gauche, comme de droite, les partenaires sociaux, sont-ils prêts à risquer leur place en mettant en oeuvre des mesures désagréables mais nécessaires? Cherchez l'erreur!

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Published by le banquier entrepreneur - dans Business Economie Entreprenariat
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